Dimanche 5 décembre 2015, en passant sous l’arche de la SaintéLyon mes premiers mots furent : « je ne reviendrais plus jamais sur cette course » que je venais de terminer en 12h24…

Mercredi 6 avril 2016, date de mon anniversaire, je m’offrais un dossard sur l’édition à venir ! Car au fond de moi cette course m’avais beaucoup plu et j’avais en fait vraiment envie d’y retourner !!!!

Samedi 3 décembre 2016 rendez vous à Gap à 8h30 avec mes covoits Sébastien et Stéphane deux grands trailleur hauts alpins qui viennent courir l’épreuve pour la première fois, le trajet passe vite car nos échanges sont riches et passionnés.

Midi je pénètre dans la halle Tony Garnier pour récupérer mon dossard et y retrouver Sophie et Mathias deux amis rencontrés l’an dernier ici même, j’en profite pour passer faire un gros bisous à Martine ma grande sœur de cœur, et nous filons nous reposer un peu chez Sophie.01b8bcd32048ec5d8133a352927cc4daf922564572.jpg01e684c177de4e23a1649cf5e2f7c17fbd77989e92.jpg

17h30 nous retrouvons Vanessa et Paul, et embarquons tous les 4 dans la navette pour Saint-Étienne, et c’est en vieux routard de la Sainté que nous installons notre camp de base d’avant course en terrasse du hall B. Au gré des heures qui s’écoulent le groupe grandit, Dominique, Gwendoline, Virginie, Sébastien, Jérôme, puis l’heure du départ de la première vague arrive et chacun d’entre nous se met en place. Et c’est à minuit pile que la troisième vague, la mienne, s’élance.01f816d57e6e5f7d64c512abc426ba268b706dfb94.jpg

Je pars assez vite, je suis bien, je laisse aller mes allures et je me régale. Les premières rampes arrivent et je mesure rapidement mes progrès en montées, St Christo en Jarez, le premier ravito, se présente et comme prévu je file sans m’arrêter. Je suis toujours bien, aucune fatigue, aucune douleurs.

Le froid commence à se faire sentir, le sol est vraiment gelé et piégeux par endroit, mais je gère mon effort et j’arrive à Sainte-Catherine le second ravito, j’en profite pour prendre un verre de Thé chaud et deux madeleines sans poireauter, franchement l’organisation à fait de très gros efforts sur les ravitaillements, bravo à eux et surtout à tous les bénévoles. Je croise Mathias qui me dit qu’il abandonne je suis triste pour lui mais je reprends rapidement mon chemin, je sais que la partie la plus difficile de la course se situe ici avec le fameux mur de Rampeau !

Mon allure faibli un peu au gré des cotes piquantes et des descentes boueuses, mais la encore je suis satisfait de mesurer mes progrès dans ces parties techniques. Et c’est à 6h du matin que j’arrive à Saint Genou lieu du troisième ravito. Je décide de prendre un peu de temps ici car j’ai froid, j’ai les pieds trempés et les mains glacées malgré un équipement au top. Pour la première fois la fatigue me gagne et surtout l’envie de dormir, se fait insistante, mais je reprends ma route après 20 minutes de pause.

Après quelques kilomètres les choses commencent à se compliquer pour moi, je suis engourdi par le froid et j’ai du mal à courir, je me dis qu’il faut que je marche et je marche, mais je me refroidis plus vite, la nuit s’efface, le jour se lève, j’espère que le soleil va percer et me réchauffer mais le soleil ne veut pas se lever, tout en moi se dérègle, je suis transi de froid, mes muscles sont durs et douloureux, je n’arrive plus a plier aucunes articulations, je perd en vigilance, trébuche, tombe une fois, deux fois et c’est en me relevant de la troisième chute que je décide d’abandonner.

Aucune course ne mérite que je mette ma santé en danger, car à ce moment la je suis en danger, je le sais, je me connais. Je téléphone à Gemma, qui est resté à la maison cette année, et en larme je lui fait pars de ma décision. Elle tente bien de me faire renoncer à l’abandon mais comprends très vite que ce sera sans appel, car ce n’est pas mon mental qui en a pris un coup mais bel et bien mon physique. Je vais mettre 1h25 pour parcourir les 3 kilomètres qui me sépare de Soucieu en Jarrest. Un calvaire physique mais une délivrance mentale. Je vais abandonner en course pour la première fois, je pense à Gemma, à mes fils, à mon entraîneur, à mes amis, aux gens qui me supportent, qui n’aimeraient pas me voir abandonner et que je vais décevoir.

Pourtant je ne changerais pas d’avis, je vais faire face, car cela n’a rien de grave, je suis même fier de moi et du chemin accompli cette année, je n’ai jamais était si faible physiquement et si fort mentalement, et peu importe ce que les autres diront car ce qui compte c’est moi et ma santé…

Je monte dans le bus, non sans mal, je croise des regards tristes, je ne passerais pas sous l’arche cette année mais j’y reviendrais c’est sur.

Pour moi cet abandon n’est pas un échec mais une leçon, une parenthèse qui me permet d’analyser les très nombreux points positifs et aussi les négatifs. Car jusqu’à présent dans l’euphorie des arrivées je n’avais pas vraiment pris le temps de me poser et de me comprendre, c’est aujourd’hui chose faite. Il est venu le temps du repos et de la récupération, afin de revenir plus fort l’an prochain. Car comme cela est tatoué sur mon avant bras droit : « Tout ce qui ne me tue pas me rends plus fort ».

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