De Millau à Millau en 16h46…

J’ai pris le temps de réaliser que c’était fini avant de pouvoir vous raconter mon aventure des 100km de Millau, car pour moi Millau va bien au delà d’une simple course, c’est une aventure humaine unique composée de running, de rencontres, de partage, de rire, d’effort et de plaisir.

Je tiens à remercier Gemma ma suiveuse de choc, Marie-luce notre accompagnatrice, Jean-Pierre mon entraîneur/coach/mentor, et Serge du Magasin S’pass Sport à St Bonnet, car sans eux mon rêve n’aurait pu voir le jour. Un grand merci au Dauphiné pour le très bel article parue sur moi.
Un grand big up à tous les potes croiser avant et pendant la course : Jean-Jean Christophe, Nicolas, Ali, Benoit, Quentin, Éric, Stéphanie, Jean-louis et tous les autres, j’ai un immense et profond respect pour vous.

Mais comment vous résumer 16h46 en quelques lignes, sans vous saouler des chiffres et de technique dont vous vous moquer et ce à juste titre ! J’ai donc choisi de vous relater les quatre étapes les plus marquantes de ma course.

1/ L’avant course et le départ : dans la Mecque des 100 bornards, ils savent y faire, 30 minutes avant le départ escorté par la fanfare nous défilons dans les rues de la ville sous les hourras des badauds, j’ai vraiment réaliser à ce moment que je participait à un éventement hors norme, un peu comme un gladiateur qui allait descendre dans l’arène ! Et puis vint le départ tant attendu depuis des mois, à ce moment j’ai du gérer mes émotions pour ne pas céder aux larmes et à l’euphorie car il fallait respecter les consignes et surtout ne pas s’enflammer mais commencer à gérer mon effort dés le début.

2/ Le coup de bambou : au passage du km25 les sensations physiques et mentales se sont totalement déréglées, et j’ai pris un gros coup au moral à cause de douleurs abdominales atroces. J’ai du renoncer à courir car j’arrivais à peine à marcher lentement en m’arrêtant très souvent !
Je ne sais pas à ce moment ce qui a été le plus difficile pour moi : ces douleurs physiques ou la tempête qui explosait dans ma tête, car j’avais la rage d’être au ralenti et de devoir renoncer à mon chrono ! Je me suis lamentablement traîné jusqu’au passage du KM42 avec l’abandon en point de mire. Mais c’est à ce moment la que GEMMA à su trouver les mots, simple mais qui ont fait mouche : « Tu n’es pas venu ici pour courir un Marathon ! » Et en effet j’avais préparé depuis 5 mois un 100km pas un marathon ! J’ai pris alors le temps de me changer complètements et de bien me restaurer et je j’ai réussi à me détendre pour repartir sur la deuxième boucle en trottinant.

3/ La résilience : au sortir de Millau en direction de St Affrique, mes sensations sont redevenues bonnes, j’ai retrouvé ma foulée et le calme est revenu dans mon esprit, et j’ai très rapidement repris la direction de ma course en gérant et en appliquant à la lettre le plan de course établi car il restait tout de même le plus long et le plus difficile du parcours à accomplir. J’ai alterné la course sur le plat, enfin le faux plat, et la marche active dans les montées, même si par moment j’avais un peu de frustration car je me sentais capable d’aller plus vite, mais il fallait gérer. L’arrivée de nuit sur St Affrique est assez longue et cassante. Un passage au ravitaillement pour me changer en vêtement chaud et avaler une petite soupe et je repris le départ pour Millau !

4/La délivrance : le premier kilomètre à la sortie de St Affrique est un mur qui vous casse bien les cuisses, et j’ai passé cette difficultés avec une telle facilité qu’une confiance énorme m’a envahit, j’ai caler mes écouteurs , mis ma musique à fond et chanter à tue tête ! Et mon retour sur Millau fut une énorme partie de plaisir, plus de calcul, plus de gestion juste courir et si possible vite et c’est ce que j’ai fait, oubliant de marcher en montée ou de m’arrêter aux ravitos et ne communicant avec Gemma que par signe pour boire ! Mais quel pied sur ces 27 derniers kilomètres !
Et voilà clap de fin, je rentre dans la salle des fêtes après avoir remonter les allées du parc de la victoire, le bien nommé ! Pour franchir ce fameux centième kilomètre ! Et la au lieu de prendre la pose pour avoir la plus belle photo de Finisher, je tourne la tête vers le chrono ! Enfin la ligne est franchie et je retrouve Gemma, afin de savourer ce moment de joie : je suis un CENTBORNARD !

L’Humilité, l’Abnégation, l’Envie, le Plaisir, quatre mots que je ramène en cadeau…

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